Les actualités des Assistants Maternels de l'Aveyron et du Lot
Pénibilité des métiers de la petite enfance

Les salariés de la petite enfance soulèvent 840 kilos par jour selon une étude.
Les salariés de le petite enfance font de nombreux gestes qui ne se voeint pas mais qui impactent profondément leur santé. C'est un métier qui pèse lourd. aussi bien sur le mental que sur le physique. Ce mercredi 3 décembre 2025, la SNPPE ( Syndicat National des Professionnels de la Petite Enfance), a publié un guide des "gestes invisibles" pour alerter sur la pénibilité professionnelle qui concerne les employés des crèches et des assistantes maternelles. Les chiffres dans ce guide sont alarmants. D'après la SNPPE, les professionnels de la petite enfance effectuent 70 manipulations d'enfants par jour. Ce chiffre se justifie par l'accueil, les repas, les couchers, les changes, les gestes de sécurité. Rapporté au poids moyen d'un enfant accueilli en crèche ( environ 12 kg entre 10 mois et 2 ans), cela équivaut à 840 kg par jour. Le guide précise que, "sur une base prudente de 200 jours travaillés par an, la masse cumulée atteint 168 tonnes par an, soit plus de 5000 tonnes au cours d'une carrière d'exposition de 30 ans. En plus du portage, les professionnels de la petite enfance portent du matériel comme les tables, chaises, poussettes, bacs de linge, repas et jouets. Des charges qui peuvent aller jusqu'à 300 tonnes sur une carrière.
Une carrière professionnelle écourtée de près de 10 ans
Durant les journées de travail, les employés se mettent à hauteur d'enfants. Ainsi, ils réalisent plus d'un million d'accroupissements par an pour lacer les chaussures, ranger les jouets, nettoyer, accompagner et consoler les enfants. Il existe aussi un geste pénible qui ne se voit pas mais qui s'entend chez les employés. Entre les pleurs, les cris ou les chocs sonores, les assistantes maternelles et les employés de crèche sont exposés à 56 000 heures de bruit durant leur carrière.
Ces gestes du quotidien qui se répètent à plusieurs reprises, impactent la santé des professionnels de la petite enfance. Selon les données du CARSAT ( Caisse d'Assurance Retraite et de la Santé au Travail, la petite enfance fait partie des secteurs les plus touchés par les troubles musculo-squelettiques (TMS) qui regroupent les tendinites, lombalgies, sciatiques, syndromes canalaires. Ces maladies considérées comme professionnelles ont augmenté de 44% en un an. A cette exposition mécanique s'ajoute une fatigue multifactorielle: bruit continu, vigilance accrue, charge mentale forte, gestion d'urgences multiples, interventions imprévues. Par crainte des conséquences sur leur parcours ou par faute d'information, les professionnels qui sont en grande majorité des femmes, renoncent à déclarer leur maladie professionnelle. De plus , leur carrière s'arrête avant l'âge des 55 ans en moyenne( au lieu des 62 ans prévus) car elles sont considérées comme inaptes. Le SNPPE révèle dans son guide avoir suggéré 8 demandes au gouvernement dont la reconnaissance de leur métier comme étant à pénibilité élevée ou reconnaître l'usure professionnelle par une revalorisation salariale.
Article publié le 4/12/2025 par Rachel Maxime pour le magazine Parents